Puits perdu : schéma, fonctionnement et guide d’installation
Découvrez les avantages économiques et écologiques des puits perdus pour une gestion durable des eaux pluviales, réduisant les coûts et préservant l’environnement.

La gestion durable des ressources en eau est aujourd’hui une problématique majeure des pouvoirs publics. Le puits perdu s’impose comme une solution à la fois simple et efficace pour la rénovation de votre maison.
3 points clés à retenir :
Collecte les eaux pluviales depuis des gouttières ou drains, les filtre pour éliminer les débris, puis les réintroduit lentement dans le sol.
Diminue les risques d’inondation, recharge les nappes phréatiques et réduit les coûts de gestion des eaux pluviales pour la collectivité.
Le coût total varie entre 1 000 et 5 000 euros.
Intégrer ce type de travaux extérieurs dès le départ est la clé d’un projet de rénovation bien structuré.
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Schéma d’un puits perdu : comprendre l’installation
Un puits perdu se lit comme une coupe verticale : en surface, un regard ou une grille ; en profondeur, une fosse remplie de matériaux drainants. Chaque élément a un rôle précis dans la filtration et l’infiltration de l’eau.

Du haut vers le bas, un schéma de puits perdu classique comprend :
- Le regard ou la grille de surface : point d’entrée visible de l’eau, souvent équipé d’un couvercle amovible pour faciliter l’entretien.
- Le tuyau d’arrivée : il relie les gouttières ou les drains au puits, avec une pente suffisante pour un écoulement gravitaire.
- Le géotextile : ce tissu perméable tapisse l’intérieur de la fosse pour empêcher les particules fines du sol de venir colmater l’ouvrage.
- Le matériau drainant : gravier ou pierres concassées qui remplissent le volume creusé et retardent la vitesse d’infiltration.
- Le sol environnant : la couche perméable qui reçoit et absorbe progressivement l’eau.
Fonctionnement d’un puits perdu pour les eaux pluviales
Le principe de base

- Collecte de l’eau : L’eau de pluie est collectée des gouttières, de caniveaux ou de drains. Cette eau s’achemine ensuite vers le puits perdu par un système de conduites ou de tuyaux. Cette collecte efficace dépend directement du bon état de votre toiture et de ses systèmes d’évacuation.
- Préfiltration : L’eau passe par des filtres pour éliminer les débris, les sédiments et les impuretés grossières. Cela empêche le colmatage du puits et assure un bon fonctionnement à long terme.
- Stockage temporaire : L’eau se dirige ensuite vers un réservoir souterrain creusé à même le sol. Ce réservoir agit comme une zone de stockage temporaire.
- Infiltration : Enfin, l’eau s’infiltre lentement dans le sol environnant.
Attention : Un puits perdu ne peux pas être utilisé pour infiltrer les eaux usées. Cette pratique est interdite pour cause de pollution des sols.
Les avantages d’un puits perdu pour gérer les eaux pluviales
- Ils diminuent la probabilité d’inondations.
- Ils participent à la recharge des nappes phréatiques.
- Ils réduisent les couts de gestion des eaux pluviales par la commune donc les impôts locaux.
Ces avantages sont particulièrement appréciables dans le cadre de la rénovation d’une maison ancienne, où la gestion de l’eau est souvent un enjeu majeur.
Puits perdu vs puits d’infiltration : quelle différence ?
Ces deux termes désigne le même type d’ouvrage destiné à infiltrer les eaux pluviales dans le sol. Il n’y a donc aucune différence. Un puits d’infiltration peut être appelé puits perdu et inversement.
Les 4 types de puits perdus ou puits d’infiltration
1- Puits perdu classique
Le puits perdu classique est le type le plus couramment utilisé, particulièrement dans les zones résidentielles.
- Il est composé d’un réservoir cylindrique creusé dans le sol, rempli de matériaux drainants (gravier, pierres concassées, etc.). Ces matériaux permettent une pénétration progressive de l’eau.
- Ce type de puits est souvent utilisé pour gérer l’eau de pluie de faibles surfaces comme les toits de maisons
- Simple à installer et à entretenir, il est une solution économique.
2 – Puits perdu avec réservoir de stockage
Ce type de puits perdu inclut un réservoir de stockage supplémentaire en amont. Il permet de retenir une partie de l’eau pour une utilisation ultérieure, comme l’arrosage des jardins ou le nettoyage extérieur.
- Ce réservoir peut être équipé d’une pompe pour faciliter la récupération de l’eau.
- Particulièrement intéressant dans les régions ou des restrictions peuvent mis en place.
- Cet ajout contribue à des économies significatives sur la consommation d’eau potable.
3 – Puits perdu avec géotextile
Un géotextile est un tissu perméable utilisé pour envelopper les matériaux de remplissage. Il empêche les particules fines du sol de pénétrer et de colmater le puits. À ne pas confondre avec le pare-vapeur, membrane imperméable utilisée en construction pour bloquer la migration de vapeur d’eau à travers les parois : le géotextile, lui, laisse passer l’eau tout en retenant les particules fines.
- Adapté aux terrains où le sol est sablonneux ou argileux, réduisant ainsi les risques d’obstruction.
- Le géotextile améliore la durabilité du puits.
4 – Les tranchées d’infiltrations
Ce type d’ouvrage est conçu comme un puits perdu mais travaille de façon horizontal. Il s’emploie pour gérer les volumes d’eau importants et/ou dans des terrains peu perméable.
- Il intègre un réseau de tuyaux de drainage qui répartit l’eau sur une plus grande surface.
- Idéal pour les zones industrielles, les grands parkings, et les infrastructures publiques.
- Ce système occupe beaucoup plus de place sur un terrain.
Réglementation et normes pour installer un puits perdu
Existe-t-il un DTU pour le puits perdu ?
Contrairement à une idée reçue largement reprise sur le web, il n’existe pas de DTU dédié au puits perdu pour les eaux pluviales. Le DTU 64.1, souvent cité par erreur, encadre exclusivement l’assainissement non collectif des eaux usées domestiques, pas les eaux de pluie. Les DTU 60.11 et 60.32 réglementent, eux, le dimensionnement des canalisations qui amènent l’eau jusqu’au puits, mais aucun DTU ne couvre l’ouvrage d’infiltration en tant que tel.
En l’absence de norme nationale unique, un puits perdu pluvial est encadré par le règlement du service d’assainissement de votre commune, le zonage pluvial local, et des guides techniques de référence comme celui du Cerema.
Quelles distances respecter ?
| Élément de référence | Distance généralement recommandée |
|---|---|
| Fondations et constructions existantes ou à venir | Au moins 5 mètres |
| Limites de propriété (voisinage) | Au moins 3 mètres |
| Arbres et systèmes racinaires | Distance de sécurité pour éviter l’intrusion des racines |
| Réseaux enterrés (eau potable, électricité, assainissement) | Selon plan des réseaux, à vérifier avant travaux |
| Captage d’eau potable | Périmètre de protection réglementaire, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres |
Ces distances ne sont pas fixées de façon uniforme partout en France : l’article 674 du Code civil renvoie aux règlements particuliers et aux usages locaux en matière de puits. Un passage au service urbanisme de votre mairie, voire un géomètre pour les cas complexes, permet de connaître précisément les règles applicables à votre parcelle.
Faut-il une autorisation de la mairie ?
Il n’existe pas d’obligation générale de déclaration en mairie pour un simple puits perdu géré à l’échelle d’une parcelle. Deux situations rendent toutefois la démarche nécessaire :
Si le puits perdu accompagne une construction, une extension ou un aménagement extérieur soumis à permis de construire ou déclaration préalable, la gestion des eaux pluviales doit être décrite dans le dossier déposé en mairie.nage pluvial de votre commune avant de commencer les travaux. Si le puits perdu accompagne une construction, une extension, l’aménagement d’une cave en espace habitable ou un aménagement extérieur soumis à permis de construire ou déclaration préalable, la gestion des eaux pluviales doit être décrite dans le dossier déposé en mairie.
Le zonage pluvial de votre commune, prévu par l’article L. 2224-10 du Code général des collectivités territoriales, peut imposer l’infiltration à la parcelle et en encadrer la mise en œuvre.
Quelles sont les étapes pour réaliser un puits perdu ?
Définir l’implantation sur le terrain
A au moins 5 mètres des ouvrages construits ou à construire (bâtiment, fosse sceptique, piscine, etc.)
Cette distance permet de prévenir tout risque de déstabilisation des fondations.
Le positionnement sera étudié pour éviter toute captation d’eau parasite. Ce qui perturberait le fonctionnement du puits.
Une distance de sécurité sera également à respecter vis à vis des arbres. L’objectif est d’éviter de pour déstabiliser le système racinaire et d’éviter qu’il ne s’introduise dans le puits.
Conception du puits
La conception d’un puits perdu repose sur une seule question : le sol est-il capable d’absorber l’eau qu’on va lui confier ? Tout le reste, profondeur, section, type d’ouvrage, en découle.
Étudier les horizons du sol. La première étape consiste à analyser le terrain sur plusieurs mètres de profondeur, pour identifier ses différents horizons. Le puits doit infiltrer dans une couche perméable, sans être trop proche d’un horizon peu perméable qui limiterait son efficacité. C’est cette analyse qui fixe la hauteur du puits.
Le test de percolation : mesurer la perméabilité du sol. Le test de percolation, aussi appelé essai Porchet, mesure la vitesse à laquelle l’eau s’infiltre dans le sol. C’est l’examen de référence pour dimensionner un puits perdu. Concrètement, il consiste à creuser un petit forage (environ 15 cm de diamètre), à le remplir d’eau claire et à maintenir ce niveau constant pendant environ 4 heures. La vitesse à laquelle il faut réalimenter le trou donne le coefficient de perméabilité (K) du terrain, exprimé en mètres par seconde. Cette méthode est encadrée par la norme NF P94-132. Selon la nature du terrain et la profondeur d’investigation recherchée, d’autres essais peuvent être utilisés, notamment les essais Matsuo ou Lefranc : c’est votre bureau d’études qui déterminera le protocole le plus adapté.
Sols compatibles avec un puits perdu :
- Sols sableux ou graveleux, naturellement perméables.
- Sols limoneux, à condition qu’un test confirme une infiltration suffisante.
Sols incompatibles ou à risque :
- Sols argileux ou limono-argileux : l’eau s’y infiltre trop lentement, avec un risque de stagnation et de colmatage.
- Roche peu fracturée ou sol compact : capacité d’infiltration quasi nulle.
- Terrain avec nappe phréatique proche de la surface : risque de saturation rapide de l’ouvrage.
Un test défavorable ne signifie pas forcément l’abandon du projet : il oriente plutôt vers une tranchée d’infiltration, qui répartit l’eau sur une plus grande surface, ou vers une solution alternative comme la cuve de récupération ou le raccordement au réseau collectif.
Dimensionner le puits. Une fois le coefficient K connu et le sol validé, il reste à déterminer le volume et la section de l’ouvrage en fonction de la capacité d’infiltration mesurée. Une règle empirique courante consiste à prévoir une capacité d’environ 30 litres par mètre carré de surface collectée (toiture, terrasse). Pour un dimensionnement plus précis, la Méthode des pluies (HU) permet de calculer le volume des ouvrages de stockage et de stockage-infiltration à la source.
Assurez-vous que la base de la fosse est plane et stabilisée pour éviter les problèmes d'affaissement. Il faudra aussi prendre en compte la pente du terrain pour capter les eaux de ruissèlement.
Installation du puits
- Tapissez la fosse d’un géotextile. Des anneaux béton peuvent être poser si le type de sol le nécessite.
- Remplissez la fosse avec des couches de matériaux poreux tels que du gravier ou des pierres concassées.
- Placez les conduites qui amèneront l’eau jusqu’au puits. Assurez-vous de l’inclinaison des conduites pour permettre un écoulement efficace de l’eau.
- Recouvrez le puits avec une grille ou un couvercle pour empêcher les débris de pénétrer tout en permettant l’accès pour l’entretien.

La réalisation de ces travaux de terrassement demande des compétences. Confier la gestion de ces travaux à un professionnel est un gage de sécurité.
Raccordement au réseau d’eaux pluviales
- Reliez les différentes systèmes d’évacuations telle que gouttières et les tuyaux de descente au puits perdu. Utilisez des raccords étanches pour éviter les fuites.
- Installez des dispositifs de préfiltration au niveau des gouttières pour éviter que des débris ne pénètrent dans le drainage.

Que faire si le sol est imperméable ? Les solutions alternatives
Quand le test de percolation révèle un sol imperméable, ou en présence d’une nappe phréatique trop proche de la surface, un puits perdu classique n’est pas la bonne réponse. Deux alternatives principales existent.
La cuve de récupération d’eau de pluie. Elle stocke l’eau pour l’arrosage du jardin ou le lavage extérieur, sans dépendre de l’infiltration dans le sol. Elle peut aussi être installée en amont d’un puits perdu, pour réduire le volume d’eau à infiltrer plutôt que le remplacer entièrement.
Le raccordement au réseau collectif d’eaux pluviales. Contrairement aux eaux usées, ce raccordement n’est pas obligatoire par défaut : chaque commune fixe ses propres règles dans son règlement d’assainissement, qui peut le rendre obligatoire, facultatif ou interdit selon les zones. Un contact avec le service assainissement de la mairie permet de savoir si cette option est ouverte pour votre parcelle.
Sur un terrain peu perméable, la tranchée d’infiltration, déjà présentée parmi les 4 types de puits perdus, reste également une option : elle répartit l’eau sur une plus grande surface plutôt que de la concentrer sur un seul point.
Entretien régulier : Pourquoi et comment ?
Les grilles et les entrées d’eau sont inspectées et nettoyées régulièrement. Les débris pourraient bloquer l’accès au puits ou s’y acheminer pour le colmater. Enlevez manuellement les feuilles, les branches et autres débris. Utilisez une brosse ou un jet d’eau pour nettoyer les grilles et les entrées.

Les racines des plantes environnantes peuvent pénétrer dans le puits et provoquer des obstructions ou des dommages aux composants. Coupez les racines envahissantes et envisagez de planter des espèces de plantes avec des systèmes racinaires moins agressifs à proximité du puits.
Conseils de l’expert
Que ce soit votre premier chantier de ce type ou un exercice que vous maîtrisez déjà, quelques réflexes évitent les déconvenues.
Avant de sortir la pelle :
- Consultez le guichet unique en ligne (reseaux-et-canalisations.ineris.fr) pour repérer les réseaux enterrés sur votre parcelle. C’est gratuit, ça prend quelques minutes, et ça évite de sectionner un câble ou une canalisation par erreur, même pour un chantier de particulier.
- Ne réalisez jamais le test de percolation par temps de pluie ou juste après un épisode pluvieux : un sol saturé fausse complètement le résultat, avec un risque réel de sous-dimensionner l’ouvrage.
- Prévenez votre voisin si le chantier se rapproche de la limite de propriété. Une bonne relation de voisinage évite bien des litiges, distances réglementaires respectées ou non.
Pour les bricoleurs confirmés :
- Privilégiez un gravier calibré 20/40 mm plutôt qu’un mélange fin : il offre un meilleur indice de vides, donc une capacité d’infiltration qui tient plus longtemps avant colmatage.
- Créez une légère chute entre le fil d’eau du tuyau d’arrivée et le radier du puits : cela limite le dépôt de sédiments juste à l’entrée de l’ouvrage.
- Prévoyez un regard de visite intermédiaire sur la canalisation, pas seulement au niveau du puits : un curage localisé est bien plus simple qu’un curage complet en cas de bouchon.
Un signal qui ne trompe pas : si l’eau stagne plus de 24 à 48 heures en surface après une pluie, ce n’est pas un simple oubli d’entretien. C’est le signe d’un colmatage ou d’un sous-dimensionnement. Mieux vaut vérifier l’ouvrage sans attendre le prochain orage.
Coût d’installation d’un puits perdu
Le prix d’un puits perdu varie surtout selon le type d’ouvrage choisi, bien avant les finitions ou la marque des matériaux.
| Type de puits perdu | Budget indicatif |
|---|---|
| Puits perdu classique | 500 à 1 500 € |
| Puits perdu avec réservoir de stockage | 1 500 à 3 000 € |
| Tranchée d’infiltration | 1 000 à 2 500 € |
Le puits perdu classique reste la solution la plus économique : un simple réservoir cylindrique rempli de matériaux drainants, sans équipement supplémentaire. Le puits avec réservoir de stockage coûte plus cher car il ajoute une cuve de rétention et, souvent, une pompe pour réutiliser l’eau au jardin. La tranchée d’infiltration se facture plutôt au mètre linéaire : son coût final dépend directement de la longueur nécessaire pour absorber le volume d’eau collecté, ce qui explique la fourchette large.
Ces budgets couvrent l’étude de sol, le terrassement, les matériaux et la pose. Ils recoupent la fourchette globale de 1 000 à 5 000 €, qui intègre en plus les cas les plus complexes (terrain difficile, grande surface à drainer).
Le coût d’un puits perdu dépend de plusieurs facteurs, notamment la taille de l’installation, les matériaux utilisés et la complexité du site. Voici les principaux éléments de coût à prendre en compte :
| Test de capacité d’infiltration | Entre 200 et 500 euros. |
| Les coûts de main-d’œuvre | Entre 500 et 1500 euros. |
| Graviers et pierres | Environ 20 à 50 €/m3 |
| Géotextile | Entre 1 et 3 €/m2 |
| Tuyaux de drainage | Entre 10 et 30 €/ml |
| Couvercle ou grille | Entre 50 et 200 €/u |
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